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Le-Pigeon-Voyageur

L'orientation.

19 Décembre 2014

La nursery : Les femelles avec leurs jeunes.

La nursery : Les femelles avec leurs jeunes.

L'orientation

Tout animal domestiqué l'a été pour un service qu'il pouvait rendre à l'homme. Le chien pour chasser ou pour la garde, le cheval pour la guerre et pour l'agriculture (....) et le pigeon pour ses capacités d'orientation particulières.

Nos pigeons voyageurs n'ont pas que les aptitudes des oiseaux migrateurs, ce sont ce qu'on appelle des home coming. Ils reviennent à leur pigeonnier.

 

Cela pourrait déjà nous interpeller dans la mesure où il est communément admis que les ancêtres de nos pigeons sont le columba oenas, pigeon des falaises qui ne migre pas et le columba livia, ce petit pigeon bleu qui niche dans les trous des arbres et migre en se mêlant aux palombes. Les deux espèces ont peu à peu été croisées avec des apports étrangers tels que le pigeon turc, l'Orient nous ayant précédé dans la domestication du pigeon et plus particulièrement dans son usage pour communiquer.

Nos pigeons actuels sont porteurs de gènes dominants selon leurs aptitudes. Je vous renvoie à ce sujet à l'article intitulé "Origines, les grandes familles". On y retrouve les paradoxes suivants : l'Anversois "dominant" est un pointeur dont les aptitudes d'orientation semblent se diluer au-delà de 500 km et le Liègeois "dominant" est un petit pigeon de long cours qui a besoin de chercher sa direction.

On a beaucoup écrit au sujet de l'orientation du pigeon voyageur et je ne reprendrai pas ici toutes les théories. La plupart sont fondées mais incomplètes. La physique quantique vient de nous donner une information capitale.

La physique quantique nous éclaire au sujet de l’orientation du pigeon :

La rétine du pigeon contient une molécule photosensible : le cryptochrome.

Le cryptochrome est un photorécepteur de lumière bleue chez les plantes et les animaux. C’est une flavoprotéine, une flavoprotéine désignant une classe de transporteurs dans la chaîne de transport des électrons.

La lumière est faite de photons. La perception de la lumière bleue a une action spécifique sur une molécule de cryptochrome, laquelle en absorbant un photon excite un de ses électrons transféré vers une autre orbite. Ce dernier effet induit une intrication entre les deux charges opposées : la charge négative de la deuxième molécule et la charge positive à la place de l’électron déplacé. Selon la mécanique quantique, cette intrication est sensible au champ magnétique terrestre.

C’est le retour qui est capital. La vitesse de retour de l’électron à sa position initiale est liée aux caractéristiques de l’intrication. Le pigeon, dont on savait qu’il est sensible à l’angle du champ magnétique terrestre par rapport à la verticale- phénomène observé chez tous les oiseaux migrateurs mais dont on ne connaissait pas la nature du signal induit- déduirait donc sa latitude à partir de la vitesse à laquelle l’état du cryptochrome, sensible rappelons-le à la lumière et au champ magnétique terrestre, reviendrait à son état initial.

Le pigeon perçoit donc l'angle et l'intensité du champ magnétique. Il en perçoit de ce fait ses anomalies comme les perturbations induites par les montagnes ( les pigeons passent les montagnes en faisant des lacets, comme incertains de leur plan de vol) et les lieux particulièrement émetteurs.

Le "compas" semble réglé sur le lieu magnétique du pigeonnier.

Au sujet des cristaux de magnétite présents à la base du cerveau, à la hauteur de la base du bec et dans la rétine, trois hypothèses ont été avancées:

- ils serviraient à détecter l’intensité du champ magnétique ; *

- leur alignement servirait à indiquer le Nord magnétique ;

- un processus chimique contribuerait à la création d'une image mentale*

Ces nouvelles connaissances relatives à l'orientation apportent la preuve qu'un bon pigeon a des facultés qui lui sont propres à la naissance mais aussi que l'entraînement est capital pour la performance, l'entraînement étant entendu ici comme un apprentissage de l'orientation.

Pour une bonne compréhension, prenons un exemple qui pourrait illustrer la même opération, de très loin certes, mais je vous laisse le soin de faire le rapprochement. Il s’agit du principe de l’Imagerie par Résonance Magnétique plus couramment appelée IRM.

Un tissu vivant est placé dans un champ magnétique très puissant. Les protons tournent en fonction du champ magnétique externe. Leur axe incliné décrit aussi un mouvement de rotation. On émet une onde radio à une fréquence donnée pour orienter l’angle et la vitesse d’inclinaison sur l’axe des protons.

L’émission de l’onde radio est ensuite stoppée de façon nette. Il s’ensuit que le proton revient à son état antérieur et la fréquence radio est réémise : le rayonnement qui avait été absorbé est réémis en une fraction de seconde. Le temps mis par les protons désorganisés puis revenus à l’état d’énergie antérieur est appelé temps de relaxation. Ce temps caractérise l’état de liaison chimico-physique de la molécule d’eau à son environnement et indique donc la structure chimique du tissu exposé. C’est de cette façon que l’on repère alors les cellules cancéreuses, notamment : les protons de ces cellules ont un temps de relaxation nettement plus important. L’effet d’annulation de l’orientation artificielle est plus lent.

Sachant que : le photon est une particule élémentaire de lumière, qu’il a un aspect corpusculaire par définition matérialisé et un aspect ondulatoire, immatériel comme tout champ électromagnétique tel que les ondes radios, par exemple. Plus précisément, parallèlement à son comportement ondulatoire, la propagation du champ électromagnétique présente simultanément des propriétés corpusculaires. Les photons sont des « paquets » d’énergie élémentaires échangés lors de l’absorption ou de l’émission de lumière par la matière.

Considérons donc que le champ magnétique terrestre qui émet des photons - c’est la lumière bleue émise par le champ magnétique terrestre dont nous avons parlé plus haut- sert de fond de résonance aux photons réémis par les électrons dont la vitesse de libération est en relation avec une direction proche de leur trajectoire initiale* et que les intervalles sont le passage d’un électron d’une orbite à l’autre avec réintégration à la première orbite. Le temps de réintégration est donc le temps de relaxation, temps caractéristique de la liaison chimique et physique qui sert de mesure à la perception, l’angle et l’intensité du champ magnétique.

Alain Hoëz

 

 

*Thorsten Ritz, CIRS

* Wiltschto et coll, 2002.

*Dr Ken Mellendorf, physique instructeur Illinois Central College

Il est évident que ce mécanisme quantique vient en complément d’autres moyens d’orientation largement développés par ailleurs ( rôle du soleil, des étoiles, des odeurs, etc.) Il apparaît tout aussi évident que les différentes espèces d’oiseaux migrateurs donnent des priorités différentes aux diverses considérations.

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Mbaye ngom 28/07/2017 20:04

Bonjour votre blog est intéressant cela m'anime beaucoup en fait je suis un grand débutant pour les pigeons et j'aimerais tant découvrir beaucoup plus sur eux