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Le-Pigeon-Voyageur

Pigeons voyageurs militaires : la tradition après la mission

Rédigé par Ministère de la Défense

Agents de transmission jusque dans les années 60, les pigeons-voyageurs militaires français sont élevés dans le dernier colombier militaire d’Europe, au Mont-Valérien à Suresnes. Maintenu sur décision du général De Gaulle, il compte aujourd’hui 120 pensionnaires entraînés par tradition. Mais ils pourraient être de nouveau opérationnels demain.

Le caporal Sébastien Guer s’occupe des 120 pensionnaires du dernier colombier militaire d’Europe, situé au Mont-Valérien (Hauts-de-Seine). C’est le général De Gaulle, à la fin des années 60, qui a souhaité maintenir un colombier de tradition et de mémoire, alors que les pigeons n’étaient plus utilisés dans des missions de guerre. La section colombophile est aujourd’hui un témoin de l’usage militaire des pigeons-voyageurs. Dès la guerre franco-prussienne de 1870 et le siège de Paris, ils sont le seul moyen de communiquer avec la capitale. Après ce conflit, des régiments développent la spécialité colombophile. Pendant la Première Guerre mondiale, près de 30 000 pigeons sont ainsi utilisés pour pallier aux interruptions intempestives des liaisons téléphoniques. L’un de ces volatiles va connaître une notoriété inégalée : « En 1916, le commandant Raynal, subissant la pression allemande au fort de Vaux, envoie son dernier pigeon avec un message de détresse, raconte Yvon Bouquillon, conservateur honoraire du musée des transmissions du Mont-Valérien. Ce pigeon, appelé le Vaillant, était son ultime espoir. Volant dans la fumée et la mitraille, il a réussi à atteindre son colombier, diffusant donc son message et sauvant de cette manière une centaine d’hommes. » Un hommage a été rendu à ce pigeon : l’armée lui a décerné la Croix de guerre, et il a fait l’objet d’un film d’animation, « Vaillant, pigeon de combat », en 2005.

Conscients de l’efficacité des volatiles, les allemands en ont interdit l’usage pendant la Seconde Guerre mondiale : « Ils avaient condamné l’usage des postes radio sur le territoire français et ils ne voulaient pas que les pigeons puissent les remplacer », souligne Yvon Bouquillon. C’était sans compter sur les britanniques : 16 500 pigeons-voyageurs furent parachutés de Londres en France pour permettre aux résistants français de fournir des informations au Royaume-Uni. « Ils avaient une double mission : la communication et le renseignement, précise le caporal Guer. Des appareils photo au déclenchement automatique étaient attachés aux pigeons qui rapportaient des clichés des positions ennemies. »

Après les guerres d’Indochine et d’Algérie, l’usage militaire des pigeons-voyageurs cessa, mais pas leur élevage. Un monument en leur honneur a été érigé à Lille et la section colombophile du 8e régiment de transmission a été créée. « Chaque composante d’armée a ses propres traditions. Elles permettent d’honorer le passé et de transmettre nos valeurs militaires de génération en génération », commente le colonel Philippe Barthélemy, chef de corps du 8e régiment de transmission. Si la section colombophile n’est plus opérationnelle, elle participe au devoir de mémoire en lâchant des pigeons-voyageurs blancs lors de nombreuses cérémonies.

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